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24 heures pour l’épilepsie : des courses à l’aveugle réalisées !

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Après nous avoir raconté quel matériel il envisage d’emporter avec lui lors du Marathon des Sables, Adrien nous parle des courses à l’aveugle, qu’il a effectué lors des « 24h pour l’épilepsie », et nous livre quelques conseils pour se lancer dans la course à pied. Préparez-vous à enfiler vos baskets !

Adrien, lors de cet évènement, tu as proposé des courses à l’aveugle. Quel souvenir gardes-tu de ce moment ?

Dans la continuité des 10 km de Rémus, je voulais avoir l’occasion de proposer cette expérience à un public plus large. Je trouvais en effet que les « 24h pour l’épilepsie » se prêtaient bien à la découverte de la course à l’aveugle. L’événement se déroulant sur une piste d’athlétisme, les volontaires avaient la possibilité de marcher et de faire un ou plusieurs tours pour appréhender l’expérience, ce qui a rendu cette démarche particulièrement accessible. Seulement, je ne savais pas comment lancer l’idée, d’autant plus que j’étais souvent sur la piste. En fin de journée, mon cousin Jules, binôme de l’aventure rémoise, est arrivé. Nous nous sommes donc relancés dans ce challenge, en courant à tour de rôle en tant qu’aveugle puis en tant que guide. Cela a attiré l’attention des autres participants, notamment des enfants du COCAA (club d’athlétisme de la ville), qui se sont prêtés au jeu. Romain, l’un des organisateurs des 24h pour l’épilepsie, a également tenté l’expérience. Ayant fortement apprécié la démarche, il a naturellement pris la relève pour la partager avec des proches et membres de l’association Épilepsie France. Ainsi, une quinzaine de personnes, de tout âge, se sont lancées dans le rôle de la personne en situation de déficience visuelle. Certaines, réticentes, ont adoré l’expérience et l’on trouvé moins complexe qu’elles ne l’auraient imaginé ! Certaines sont restées craintives au début, avant d’augmenter l’allure. D’autres se sont en revanche jetées dans le grand bain et avaient la force de courir tout de suite. Ce fut une belle expérience sur l’ensemble du weekend. C’était chouette de voir que cette idée qui me tenait à cœur a vécu d’elle-même, notamment au travers de Romain. Des liens supplémentaires se sont créés. Il y a eu des rencontres, des échanges et beaucoup de bienveillance.

Quelles sont tes astuces pour bien récupérer après une course ?

Même si j’ai dépassé mon record de kilomètres, qui était jusqu’ici de 97 km, en faisant 142, j’ai eu étonnamment peu de courbatures. Je dirais que cela est lié au fait que le terrain n’était pas « technique » en comparaison d’un trail. Il n’y avait pas de dénivelé. La gestion de l’effort fut également importante pour se préserver physiquement. Je m’étais fixé pour objectif de courir 6 km toutes les heures ce qui me laissait 15 à 20 minutes de pause pour m’alimenter et m’hydrater. Il s’agissait donc d’un effort long, mais peu traumatisant. De plus, il n’y avait aucun enjeu particulier et donc peu d’intensité contrairement aux courses sur lesquelles je participe habituellement.  

De manière générale, voici ce que je conseillerais pour permettre une bonne récupération, quelle que soit la course :

  • Prévoir un entrainement adapté au défi à relever. Par exemple, en amont d’une course avec du dénivelé, il est impératif d’habituer progressivement son corps aux côtes, en apprenant à gérer l’effort aussi bien dans les montées que dans les descentes.
  • Prévoir apport suffisant en glucide (sucre), mais également en sel, par des boissons “électrolytes” par exemple.
  • L’apport en protéine, pendant l’effort, est également important. Il permet d’accélérer la régénérescence musculaire.
  • Après l’épreuve, il est nécessaire de prendre du repos : dormir suffisamment mais aussi, réduire le volume et l’intensité des entrainements, au risque de s’exposer sinon à des blessures.
  • Concernant les étirements, certains y voient des avantages, d’autres non. Pour ma part, je les préconise en complément d’un pistolet de massage et je trouve cela efficace.

As-tu des conseils sportifs à donner aux personnes qui souhaiteraient participer l’an prochain ?

Tout d’abord, j’invite petits et grands, de tout horizon, sportifs ou non, et tous niveaux confondus, à venir prendre part à la deuxième édition. Cet événement n’imposant aucune contrainte de temps ou de distance, chacun peut y participer à son rythme. En ce sens, je tiens à féliciter l’ensemble des participants qui se sont prêtés au jeu cette année dont les professionnels et résidents du CAPS (centre d’accompagnement psychosocial) de Châlons-en-Champagne qui ont réalisé plusieurs tours en marchant et en fauteuil. Je pense également à mon petit cousin, sûrement l’un des plus jeunes participants (à peine 3 ans), avec qui j’ai effectué trois tours !

Pour ceux qui souhaiterais se challenger sur une dizaine de tours ou plusieurs heures, je pense qu’il faut avant tout se fixer un objectif et mettre en place une stratégie pour l’atteindre, surtout si vous voulez battre les records établis sur cette 1ère édition. Cela permettra d’anticiper et de prévoir suffisamment de ravitaillements. De mon côté, je n’avais pas prévu assez. Sur l’ensemble des “24h”, j’ai dépensé 10 000 calories. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, un adulte dépense en moyenne 2 500 calories par jour ! Je peux donc vous dire que j’ai particulièrement apprécié le plat de pâtes et d’œufs durs apporté à 6 heures du matin par une personne rencontrée la veille ! Le soutien de proche et de ces rencontres est également essentiel pour tenir mentalement sur la distance. Discuter sur le parcours et lors des temps de pause permet de casser la monotonie de la piste d’athlétisme et de faire passer la douleur ou la fatigue au second plan. Mais le plus important, c’est de prendre du plaisir et si possible à plusieurs car ce type d’évènement est un “générateur” de souvenirs. Un de mes souvenirs marquants est d’avoir pu courir plusieurs centaines de mètres, avec mes deux parents, mon père étant pourtant peu sportif !

Au-delà de la compétition, participer aux « 24h pour l’épilepsie » c’est avant tout soutenir une association et une cause qui en valent la peine. Durant l’évènement, j’ai eu l’occasion de discuter avec Anaïs et Romain, et je tiens à dire que je suis admiratif du combat quotidien mené pour leur fille Romane, atteinte d’épilepsie pharmaco-résistante, et également de leur implication dans ce projet sportif. Ils méritent, tout comme les bénévoles qui les ont accompagnés, que leur évènement soit mis en avant. Ils s’attendaient à accueillir 200 personnes, plus de 400 sont venues, et sur les 2026 tours initialement prévus, ce sont 7777 qui ont été réalisés, un véritable succès ! Cette évènement aura permis de faire davantage connaitre l’association Épilepsie France et de récolter plus de 4 500€, qui serviront notamment à financer la recherche et des projets à destination d’enfants comme Romane.

Dans l’article précédent, nous t’avions demandé si tu pensais à un porte-bonheur à apporter avec toi pour le marathon des sables. As-tu trouvé quelque chose ?

Oui ! J’ai eu le temps d’y réfléchir sur 142 km de course réalisés lors des « 24h » ! Je voulais un objet ni trop lourd ni trop volumineux pouvant servir de réconfort sur le bivouac et de ressource mentale sur les épreuves. M’est alors venu l’idée d’emporter un mp3. Avant de partir, je demanderai à mes proches de choisir deux ou trois musiques qu’ils aiment afin de me constituer une playlist. Ainsi, je pourrai l’écouter dès que j’en sentirai le besoin.

Publié le 29 juin 2026
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