Avant l’été, Adrien revenait sur les « 24 heures pour l’épilepsie » et nous livrait ses conseils pour se lancer dans la course à pied. Aujourd’hui, il évoque les difficultés que l’on peut rencontrer lors d’un projet sportif et comment rebondir. Car le parcours pour franchir la ligne d’arrivée peut être semé d’embûches !
Cet été, le thermostat a atteint des records. Comment as-tu adapté tes entrainements ?
Ces grosses chaleurs ont été pour moi une belle opportunité. J’ai pu m’exercer dans des conditions plus proches de celles qui m’attendent en Jordanie. Du côté de Dijon, les températures avoisinaient les 35 degrés. Les conditions météorologiques seront sensiblement les mêmes en novembre prochain, dans le désert du Wadi Rum ! J’ai donc réalisé certaines séances d’entraînement en plein pic de chaleurs, sur le temps de midi, pour habituer mon corps à la température élevée et à l’exposition au soleil. Afin de ne pas trop tirer sur la corde et d’éviter les coups de chaud, je suis resté très à l’écoute de mon organisme : une allure modérée pour contrôler la fréquence cardiaque et une hydratation adaptée.
Cette canicule a également été l’occasion de travailler sur mes besoins hydriques et l’alimentation, par temps chaud. Sur le Marathon des Sables, les ravitaillements en eau sont placés tous les 12-15 kilomètres. Étant donné que la quantité fournie à chaque participant est limitée, j’ai dû apprendre à gérer cette ressource. Habituellement, je consomme environ 500 ml d’eau par heure. Sous ces fortes chaleurs, mes besoins en eau ont augmenté, passant à environ 750 ml par heure. Cela s’explique notamment par une transpiration accrue. Pour compenser les pertes en sels et prévenir toute crampe, j’utilise des boissons électrolytiques. En complément, toutes les deux heures, je prenais une pastille de sel, comme le recommande l’organisation du marathon des sables, me rapprochant ainsi des conditions réelles de l’épreuve sportive qui m’attend dans deux mois. Du côté de l’alimentation, cette expérience estivale m’a permis d’avoir quelques certitudes : je n’emporterai pas de gels énergétiques car avec la chaleur ils s’avèrent peu agréables en bouche et sujets à quelques désagréments digestifs. En revanche, je privilégierai des barres énergétiques ainsi que des biscuits secs salés pour me forcer à m’hydrater régulièrement.
D’ici la fin du mois, j’envisage un test grandeur nature avec la tenue que j’emporterai sur place et le sac contenant tout le matériel prévu afin de m’habituer au poids.
Une légère blessure est survenue cet été, comment as-tu géré la suite de ta préparation physique, à l’approche du marathon ?
Oui, en effet. Quelques temps après la course des 24h pour l’épilepsie, j’ai ressenti une sensation particulière sur le pied gauche, ce dernier semblait plus sensible. Au premier abord, je ne m’en suis pas inquiété. Après une telle distance parcourue, les douleurs sont habituelles. À l’écoute de mon corps, j’ai allégé mes entrainements quelques temps en réalisant uniquement des footings de 45 minutes voire 1 heure. Mais la gêne a évolué et un effort anodin a provoqué une décharge sur le dessus du pied. J’ai donc arrêté la course à pied pendant deux semaines et passé des examens médicaux pour écarter la piste d’une fracture de fatigue. Par la suite, les médecins m’ont préconisé de remplacer les séances par du vélo afin d’éviter tout choc sur le pied. Et c’est ainsi qu’en plein mois d’août, je suis parti à bicyclette depuis Paris, pour rejoindre le Mont Saint-Michel (soit plus de 450 km) ! J’ai ensuite poursuivi cette activité, en organisant deux à trois sorties par semaine de manière à travailler mon cardio. En parallèle pour maintenir l’endurance musculaire, j’ai entrepris davantage de renforcement musculaire, notamment sur le bas de corps, en mettant l’accent sur les mollets, les quadriceps, les ischios et les adducteurs. Enfin, j’ai également repris les exercices d’étirements et de mobilité, afin de réduire les raideurs et prévenir les risques de rechute.
La reprise de la course a dû se faire en douceur. Tout d’abord, en alternant la randonnée, avec des footings légers. Cela représentait un volume de 30 km par semaine, au lieu des 90 habituels. Une fois rétabli, j’ai augmenté progressivement les distances et surtout, j’ai réintégré quelques portions avec du dénivelé. Cela étant, je n’ai pas pris de risques inutiles. En raison de ma condition physique sur cette période, j’ai notamment renoncé à prendre le départ d’une course de 69 km, prévue en Savoie.

sur un Paris / Mont Saint-Michel
Quels sont les prochaines étapes qui t’attendent, avant de t’envoler pour la Jordanie ?
Je me suis fixé une règle simple : rester à l’écoute de mes sensations et faire au jour le jour. Ma prochaine échéance est l’ultra trail du Mullerthal au Luxembourg (114 km). Vais-je y participer ou bien vais-je privilégier des longs circuits de randonnée ? Entre raison et envie, la réponse n’est pas facile à trouver. Quoiqu’il en soit, je tiens pouvoir profiter lors du marathon des sables. Évidemment, le dépassement de soi aura toute sa place pendant l’aventure, mais avec tout ce que j’ai construit autour cet évènement : les diverses rencontres, les liens qui se sont tissés avec mes partenariats, etc. Si l’apothéose n’est qu’une souffrance, cela enlèvera du charme au projet et à l’image que je m’en suis faite.
Pour partager ces souvenirs avec l’ensemble des personnes qui m’auront soutenu, la caméra est achetée. Je m’organise maintenant dans les derniers préparatifs car le jour J approche à grands pas !
Publié le 3 septembre 2026
